Dan Adrien Production
Dan Adrien Production

THE MAGAZINE # 4

DAN ADRIEN

Portrait

Dan Adrien, l’esprit « Soul » du Murano

 

 

 

 

Vous avez bu un verre dans une ambiance lounge ou dansé fiévreusement lors d’une d’une soirée mythique au Kube ou au Murano ? De Paris à Marrakech en passant par Saint Tropez, la musique, c’est lui. Dan Adrien, directeur artistique et music manager du groupe. Il écoute, déniche, compile pour faire de votre passage ou de votre séjour un moment  inoubliable. Portrait. Par Vincent Mazoué.

 

Il nous reçoit au Murano à Paris et s’excuse de son léger retard. « Je viens de faire une heure et demi de cardio, j’en ai besoin pour travailler ». Grand, le regard clair et franc, Dan Adrien tient la forme. Il faut dire qu’à 48 ans, le directeur artistique du groupe Murano Hotels & Resorts a bien failli embrasser une carrière de sportif de haut niveau. « J’ai pratiqué l’athlétisme en compétition, mes parents étaient profs de sport (son père, Pierre Carraz, est l’entraîneur du sprinteur français Christophe Lemaître). Malheureusement, j’ai dû arrêter suite à un problème au genou ». Un mal pour un bien si l’on peut dire pour ce natif d’Aix les Bains qui se tourne alors vers sa deuxième grande passion : la musique.

L’aventure Murano, Dan Adrien y participe dès le début, en 2003. Il mixe alors au Nirvana avenue de Matignon à Paris quand Jérôme Foucaud, fondateur du groupe,  l’appelle. « J’ai dit oui tout de suite. On se connaît depuis l’enfance et Jérôme est quelqu’un que j’apprécie énormément. Nous n’avons pas besoin de nous parler, on se comprend d’un simple regard ».  Avant cela, cet amoureux de musiques black mais aussi de groupes comme Police ou Supertramp a parcouru les clubs de la France entière. De la Grange à Courchevel à l’Amnésia au Cap d’Agde, en passant par les Caves du Roy de Saint Tropez aux cotés de Claude Brémond, « mon mentor, un homme que je n’oublierai jamais ». Il observe, apprend, enchaîne les saisons, l’hiver à Courchevel, l’été sur la côte. « J’étais constamment en vadrouille, transportant mes sacs de vinyles de 30 kilos… Ca n’était pas le grand confort mais j’étais heureux ».

Au Murano, il cède très vite les platines à d’autres pour endosser le rôle de music manager. Sa mission : définir la charte, l’identité musicale des hôtels du groupe. Un son jazz, funk et soul pour Murano, une ambiance plus groovy  et « up tempo » pour le Kube. « C’est simple, si l’on devait comparer les hôtels à des radios, Murano serait FIP, alors que Kube ressemblerait plus à Nova ». Comment définit-on un habillage particulier ? « C’est venu assez naturellement en fonction du design, mais aussi du standing des bars ou de la carte des restaurants. La musique qui en découle ressemble à un son chic et raffiné qui se retrouve dans tous les hôtels, adapté à une clientèle un peu plus jeune pour le Kube ». Quand les DJ ne sont pas aux platines, ce ne sont pas moins de 7000 morceaux programmés sur ordinateurs qui tournent du matin au soir. D’une ambiance classique et jazz le matin à une programmation plus « déjantée » l’après-midi où il n’est pas rare d’entendre Piaf ou Aznavour entre deux morceaux deep house… Eclectisme revendiqué.

Même si la donne a changé avec l’arrivée des logiciels et des mp3, Dan Adrien reste un amoureux des live. En 2006, paraît l’album Murano Resort – Live in Paris qui regroupe quelques grands standards interprétés par les artistes qui se produisent alors boulevard du Temple. « Nous avons découvert quelques talents comme Joyce Jonathan ou William Baldé qui n’étaient pas du tout connus à l’époque ». Depuis, quatre compilations ont vu le jour pour l’hôtel Kube de Saint-Tropez dont la dernière vient de paraître. A chaque fois, un double album avec une ambiance « jour » soul et funk, et une autre « nuit » plutôt club et house. Un travail de titan pour Dan Adrien qui tient à ce concept unique : « il faut se battre pour sélectionner de très bon morceaux, aller chercher les artistes, écouter sans cesse, être curieux… ».

Mais la griffe musicale du Murano, ce sont aussi les nombreuses soirées qui y sont organisées. Après les célèbres Lucky Star qui ont vu défiler derrière les platines de nombreux people (Samuel Le Bihan, Mathilda May, Laurent Ruquier) Dan Adrien a lancé les Boogie Down Party. Une fois par mois le jeudi, le prince du hip-hop Sidney accompagné de guests ressuscite l’esprit funk et old school cher aux années 70-80. Dan propose aussi des showcases en partenariat avec la web radio Starter FM dont l’un d’eux avec le rappeur Big Ali restera dans les mémoires : « lui qui a l’habitude de chanter assez fort sur des disques nous a proposé une session tout en douceur, acoustique, entouré de musiciens ». L’originalité, le contre-emploi, c’est ce qui continue d’animer ce passionné exigeant. Une soirée réussie ? « Quand la musique reflète l’âme de l’endroit. Au même titre qu’un verre que l’on vous sert au bar ou qu’un plat qui sort des cuisines ».

 

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3 questions flashs à Dan Adrien :

 

La soirée dont tu gardes le meilleur souvenir ?

Sans hésiter la Lucky Star avec Joey Starr. C’était l’époque où NTM se reformait, le groupe sortait d’un concert à Bercy. On a eu un monde incroyable, très mélangé, des business men sortant du bureau et des mecs habillés hip-hop. La soirée a été hyper classieuse, l’ambiance extraordinaire !

 

Qu’est ce qui te rend le plus heureux sur un dancefloor ?

Que les gens s’éclatent sur de la bonne musique ! C’est dommage mais on ne vient plus forcément en soirée pour danser. Et je ne parle pas que de disco, de funk ou de vieux morceaux. Il y a des groupes très bien comme Cassius qui font de la très très bonne musique depuis quelque temps…

 

Parmi ces trois artistes récemment disparus, lequel t’as le plus inspiré ? Mickael Jackson, Robin Gibb des Bee Gees ou Donna Summer ?

Impossible de répondre ! Ce sont tous les trois des artistes majeurs qui m’ont fortement influencé. Mais si je devais choisir un morceau pour chacun, je dirais Off the wall, How deep is your love et I feel love.

 

DJ : est-ce vraiment une valeur ajoutée dans un bar ou un restaurant ?

 

 

Paris (75) Qu'il soit embauché ou qu'il vienne de façon ponctuelle, ce professionnel a pour mission d'apporter un habillage sonore à un lieu. Pourquoi la greffe prend dans certains établissements et pas dans d'autres ? Réponses d'experts.

 

Rien de pire qu'un DJ face à ses platines dans un bar vide. La scène peut paraître incongrue. Pourtant, elle n'est pas si rare. Même à Paris. A qui la faute ?  une communication mauvaise ou inexistante », explique Arnaud Duhem, consultant et responsable du Tigrr Saint-Germain, à Paris (VIe). "La présence d'un DJ est pertinente dans un bar, un restaurant ou un hôtel, si l'on sait la valoriser et si le concept s'y prête", ajoute-t-il. 

 

D'ailleurs, dans les Tigrr de Paris, Megève (Haute-Savoie), Saint-Tropez (Var) et Courchevel (Savoie), "le DJ est indispensable, car d'emblée il a été perçu comme une valeur ajoutée. Il apporte une réelle expérience aux clients. C'est comme un service en plus". Si bien que le DJ Dan Adrien Carraz fait partie de l'équipe fondatrice des Tigrr. "Les clients de nos bars et restaurants vont jusqu'à lui demander ses playlists sur une clé USB", confie Arnaud Duhem.